Le biomimétisme au service du food

Dans notre série d’articles consacrés aux solutions pour nourrir la population demain (lien), il y a ceux qui cherchent à se passer de la nature, car les ressources se raréfient, et ceux qui, au contraire, choisissent de lui redonner de l’importance, de lui faire confiance et de s’en inspirer pour innover.

 

Innover durablement en imitant la nature

 

Selon le rapport du CESE de 2015, « le biomimétisme consiste à observer et à reproduire des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques, pour mettre au point des formes, des matériaux et procédés à la fois innovants et durables ». Et ainsi, finalement, œuvrer à réconcilier la nature et la technologie. Cet «avis», proposant d’accélérer l’exploration des solutions biomimétiques, avait été alors adopté à l’unanimité, signe des temps qui changent.

 

Le biomimétisme s’appuie sur une observation de la nature selon trois dimensions : les formes, les matériaux et les écosystèmes.


- Les formes que l’on trouve dans la nature guident la conception d’objets ou de pièces d’architecture. La Sagrada Familia à Barcelone en est une parfaite illustration, avec ses piliers en forme d’arbres imaginés par Gaudi.

 

- Les matériaux produits par les animaux ou les végétaux servent de référents dans l’élaboration de revêtements ou de matériaux innovants aux propriétés exceptionnelles. Par exemple la peau de requin a inspiré des matériaux de vêtements de plongée ou des revêtements pour les coques de bateau, à la fois résistants et aérodynamiques.

 

- Les écosystèmes et les relations entre les organismes vivants au sein de ces écosystèmes sont les points d’observation les plus riches et les plus complexes. Ils révèlent souvent des relations de coopérations naturelles inédites qui se créent afin de rendre encore plus performants un système donné.

 

Cette dernière approche est particulièrement intéressante dans le domaine agroalimentaire et avant tout agricole. En observant les écosystèmes naturels, plusieurs tendances agronomiques expérimentent des solutions à la fois productives et durables. C’est le cas de la permaculture.

 

La permaculture, s'inspirer de la nature pour gagner en productivité

 

La permaculture est un concept formalisé en 1978 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren sur la base de travaux de chercheurs du monde anglo-saxon. Il ne s’agit pas d’une technique agricole mais plutôt d’un système. La permaculture a pour objet la création d’installations humaines durables sur le plan environnemental, équitables sur le plan social, économes en ressources et en énergie et d’une productivité élevée. Chose intéressante, loin de prôner un retour en arrière, elle opère plutôt une synthèse inédite entre des traditions parfois très anciennes et l’apport des sciences modernes.

 

Elle se caractérise essentiellement par l’absence de recours aux intrants de synthèse, engrais, pesticides, et par un travail du sol minimum. Interdiction de labourer ou de recourir à d’autres méthodes jugées agressives car elles appauvrissent les terres en les privant de la microfaune présente naturellement. A l’inverse, les sols doivent toujours être recouverts de végétaux qui servent de fertilisants naturels. C’est enfin la grande diversité des cultures dans un endroit donné et les associations d’espèces qui permettent d’améliorer la productivité de chacune d’elles.

 

Depuis plusieurs années, la ferme de permaculture biologique du Bec-Hellouin apparaît comme un précurseur et un modèle en la matière. L’exploitation a ainsi fait l’objet d’une étude menée par l’INRA entre 2011 et 2015.

 

Une solution écologique vertueuse pour le territoire et la société

 

Cette étude a démontré que 1000 m2 d’exploitation en permaculture, surface relativement petite, dégageaient un revenu horaire variant de 5,4 à 9,5 € pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures. Soit un revenu agricole net mensuel de 900 à 1570 €, certes pas une fortune mais une somme pourtant supérieure à celles couramment admises en maraîchage biologique diversifié.

 

Les payculteurs

 

Sur les traces de la ferme du Bec-Hellouin, Maxime de Rostollan a créé la Ferme de la Bourdaisière et le réseau des Fermes d’Avenir qui tend à étendre la pratique de la permaculture. Associé au Groupe SOS, acteur clé de l’économie sociale et solidaire, ils travaillent autour du concept de Payculteur. Une approche visionnaire de l’agriculteur exploitant intégré dans une dynamique durable et responsable mais aussi viable. Le réseau se développe en formant des nouveaux payculteurs, en convertissant des anciens, et en tissant des liens entre les acteurs. Parmi les projets, celui d’alimenter les réseaux d’EHPAD sur le territoire.

Pour revenir au CESE, il recommandait en 2015 de développer des expérimentations en milieu urbain et périurbain car ce type d’agriculture permettrait d’alimenter les circuits courts et de proximité en alimentant la biodiversité tout en favorisant la création d’emploi. Ne serait-ce pas là aussi, un futur souhaitable pour la ville demain ?

Extrait du Rapport Future FoodTech2017

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