Demain tous végétariens ?

Début 2016, le magazine Terra Eco publiait un sondage dans lequel 10% de la population française se disait prête à devenir végétarienne, alors que seulement 3% l’était déjà. En mars 2017 naissait la première revue dédiée au véganisme en France. Rappelons-le, le véganisme est la position la plus engagée qui exclut non seulement tout produit carné de l’alimentation, beurre, lait, crème inclus, mais également prône un mode de vie sans produit animal (cuir, laine, etc). Le végétarisme restreint l’exclusion à son assiette et accepte œuf, lait et fromages. Signe des temps d’une évolution certaine de nos pratiques alimentaires ou épiphénomène dans un monde en quête de sens, serons-nous tous végétariens voire végans demain ?  Quelques pistes de réflexions pour mieux comprendre ce qui se trame.

 

 

Le végétarisme, une pratique en hausse ?

 

Si les Français se déclarent prêts à sauter le pas sans pour autant aujourd’hui être particulièrement engagés dans une véritable pratique végétarienne, en tous les cas bien moins que leurs voisins anglo-saxons ou nordiques, c’est que diminuer sa consommation de viande semble tomber sous le sens.

Une tendance qui est appuyée par les chiffres, on mange aujourd’hui moins de viande qu’il y a 10 ans (88 Kg par an et par habitant en 2013 contre 106 en 1990 (source Agreste)). Cela étant la boucherie haut de gamme ne s’est jamais aussi bien portée et l’on voit également fleurir des ouvrages et revues vantant la viande.

Pour une large partie de la population donc on peut conclure que de la viande n’est pas à bannir mais sa consommation ne peut se faire à n’importe quel prix, ni monétaire, ni écologique, ni sanitaire.

 

Le résultat logique d’une recherche pour mieux manger = moins cher, plus sain, plus sûr.

 

Même si le végétarisme ne date pas d’hier, les raisons et les motivations ne sont aujourd’hui pas forcément les mêmes que celles avancées par Platon ou par les hindous et que l’on retrouve davantage dans le véganisme.

La baisse du pouvoir d’achat, associée à une recherche de produits plus sains et à la traçabilité certaine, entraine assez naturellement une baisse de la consommation de produits carnés. Viennent ensuite le souci du bien-être animal et les enjeux pour la santé que représentent certains produits pointés récemment par l’OMS (les viandes transformées seraient carcinogènes et la viande rouge le serait probablement).

Autre conséquence de la diminution d’appétence pour la viande : la quête de naturalité, de transparence et de qualité qui s’avère une tendance forte. Il devient difficile de trouver de la viande de qualité dans les grandes villes, sans dépenser une fortune.

Il devient tout aussi difficile de consommer de la viande hors domicile sans en connaître la provenance. Dans son livre « Faut-il manger les animaux ? », l’auteur Jonathan Safran Foer expliquait déjà son choix de devenir végétarien par la trop grande difficulté de manger une viande de qualité issue d’un animal bien traité aux Etats-Unis. Dans ce cas, il était finalement plus simple d’y renoncer totalement.

 

La question de l’éthique invite à aller plus loin dans ses choix alimentaires

 

Début 2016, l’association L214 a frappé fort en dénonçant, vidéos à l’appui, les conditions des abattoirs français. Ce travail d’information a contribué fortement à sensibiliser la population et les services publics.

Cette prise de conscience, associée à des tribunes et parutions sur le droit des animaux, et les parallèles de plus en plus directs entre droits des animaux et droits des minorités, alimentent un débat de fond sur l’avenir du végétarisme et même du véganisme. Comment continuer à consommer des produits carnés pour se nourrir alors qu’il est tout à fait possible de remplacer la viande par des substituts ?

Cela étant dit certains philosophes, éthologues, ou spécialistes de la relation homme-animal comme Dominique Lestel tirent la sonnette d’alarme devant une tendance végane extrême qui pourrait bien présenter des relents hygiénistes relativement effrayants.

 

L’alimentation et notre rapport à la viande sont plus que jamais au cœur des enjeux sociétaux et environnementaux actuels. L’innovation y a une place prépondérante. Si 70 % des protéines consommées dans le monde sont actuellement d’origine animale, les experts estiment que les protéines végétales remplaceront les ¾ des protéines animales d’ici 2050. Cela est un fait, une nécessité surtout, face à l’explosion démographique et à la raréfaction des ressources.

 

 

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