La restauration du futur sera-t-elle envahie par les robots ?

Non ce n’est pas totalement de la science fiction. Le premier café tenu par une machine a ouvert fin janvier 2017 à San Francisco. Aux Etats-Unis, la course à la robotisation et à l’automatisation dans la restauration est désormais lancée. Et selon une étude du cabinet Mc Kinsey parue en juillet 2016, 73% des activités dans la restauration sont potentiellement automatisables. De quoi s’inquiéter ou au contraire y voir une occasion supplémentaire d’innover en matière de production et de gestion des ressources humaines.
 

Les Robots au service … du service

 

 

Au Café X à San Francisco, ce n’est donc pas un barista qui vous sert votre cappuccino, mais un robot. Ou plutôt, un bras articulé d’un blanc immaculé capable de vous servir un café toutes les 20 sec, de gérer quatre commandes en simultané et sans broncher s’il vous plait.

« Ca va plus vite que chez Starbucks » selon un consommateur devenu habitué des lieux, c’est également moins cher et semble-t-il tout aussi « bon ». L’entreprise derrière ce projet s’est inspirée des robots de l’industrie automobile pour mettre au point cette machine.

Pas encore à même de cuisiner des recettes élaborées, les robots commencent à être utilisés en salle. C’est le cas par exemple dans cette autre adresse californienne, Eatsa. Prise de commande, paiement, distribution sont totalement automatisés. Les clients, qui peuvent aussi commander à distance, n’ont plus qu’à récupérer leur commande et repartir.

Pourquoi une telle accélération dans l’automatisation du service et de la prise de commande aux Etats-Unis ? Au-delà de l’effet waouh lié à l’innovation, c’est l’augmentation du salaire minimum à San Francisco (+50% d’ici 2022 !) et dans certains états qui pourrait être une motivation forte.

 

 

En cuisine, des commis à l’intelligence … artificielle

 

Si dans les métiers de la restauration commencer en bas de l’échelle fait partie de l’apprentissage, force est de constater que dans certains types d’établissements, il y a des jobs plus ingrats que d’autres. Et surtout qui promettent assez peu d’ascension sociale. Ainsi cuire des centaines de steaks pour une chaine de burger n’est pas forcément un job qui fait rêver les foules. Gagner en productivité, réduire les accidents et globalement diminuer les coûts sociaux voilà ce que proposent les inventeurs des robots de la restauration.

C’est par exemple le portrait de Flippy, cet assistant cuisinier, né des laboratoires de Miso Robotics et qui embarque un logiciel d’Intelligence artificielle. Non seulement Flippy gère la cuisson et l’assemblage des burgers mais il est aussi capable d’apprendre et de s’adapter. Pour ses inventeurs, c’est une solution qui permet d’alléger les métiers difficiles et souvent sous-payés. Le revers de la médaille réside évidemment sur la perspective de détruire de nombreux emplois aujourd’hui occupés par des hommes. La question finale demeure : quels sont les nouveaux métiers qui remplaceront ceux détruits ? (lire notre article sur les métiers de demain)

 

 

Un robot à la place du chef ?

 

On vous évoquait la pénurie de chefs, l’usine Kawasaki a peut-être une solution. En tous les cas pour les sushis masters. Bien que l’on soit loin de l’art du geste, le Robot Stage est capable avec ses petits bras de préparer très correctement des sushis. Bien sûr on a du mal à croire que le robot puisse à terme prendre la place du chef. Même si IBM tend à faire la démonstration avec son robot Watson que l’IA en cuisine cela fonctionne, que peut offrir un chef sans émotion, sans culture, sans sa sensibilité propre ?

Nourrir sans émotion serait nous réduire à des machines sans affect. On peut soudain penser au film Wall-e avec ces chaines d’humains obèses nourris par des sondes et ressemblant à de gros zombis gentils.

Mais alors face à ces craintes de destruction d’emplois et de déshumanisation du rapport à la nourriture, sera-t-il possible de se servir des robots pour manger en étant davantage connectés au vivant et de créer de la richesse à même d’être mieux redistribuée ? Car ce sont là les questions qui font l’objet d’attentes fortes de la part des consommateurs autant qu’une urgence soulevée par nombres de professionnels de la restauration.

 

Crédit photo : Smart Restaurants

Télécharger notre guide sur la veille innovation en restauration

Redigé par La Horde L'INNOVORE

L'INNOVORE innove et vous fout la paix

Publié le 13 juillet 2017

L’INNOVORE innove dans la rupture et vous fout la paix. Pas notre genre ça, nous direz-vous, vous « foutre la paix »....

Lire la suite

Le coproduit, un déchet au coeur d'or

Publié le 11 juillet 2017

Les coproduits ont longtemps été vus comme des résidus de peu de valeur. Toutefois, de nouvelles techniques de...

Lire la suite

Si Michelin avait ouvert la voie il y a bien longtemps, en devenant un expert des bonnes adresses pour mieux vendre ses...

Lire la suite

Les MOOCs, pour massive online open courses, ou Webinar, ou cours en ligne ouverts et massifs, participent à l’évolution...

Lire la suite