Le coproduit, un déchet au coeur d'or

Les coproduits ont longtemps été vus comme des résidus de peu de valeur. Toutefois, de nouvelles techniques de transformation innovantes pourraient bien inciter les entreprises à en repenser la valeur économique.

 

Selon la définition de l’ADEME, un coproduit est une matière qui est créée au cours même du processus de fabrication d’un produit, que ce soit de façon intentionnelle ou non. Le coproduit est destiné à un usage particulier, distinct de celui du produit dont il est issu. Se situant entre le produit noble et le déchet, le coproduit ne date d’ailleurs pas d’hier. Mélasse et autre dérivé alcoolique de l’industrie sucrière sont typiquement des coproduits utilisés depuis longtemps.

 

Une tradition du coproduit dans l'alimentation animale et l'agriculture

 

Avec 71% des volumes destinés à l’alimentation animale, c’est le débouché le plus important des coproduits de l’agroalimentaire. Farines, tourteaux et autres aliments déshydratés proviennent de l’industrie sucrière, boulangère, des fruits et légumes. Par exemple, les industries des fruits & légumes valorisent 3/4 de leurs coproduits vers l'alimentation animale*.

 

Dans le domaine de l’agriculture, l’utilisation à visée de fertilisation et d’engrais représente quant à elle 7,8% des volumes des coproduits*. Compost, épandages, ou autres solutions de transformation traditionnelle mais aussi nouveau procédé de traitement naturel des cultures mis au point par des entreprises innovantes voient le jour.

 

Le marc de café, coproduit simple, sert lui d’engrais aux champignons, comme le prouve l’opportunité saisie par la start up Prêt à pousser.

 

Les coproduits fournissent également de l’énergie sous la forme de biomasse (4,8 % des volumes*). Dans l’industrie de la canne à sucre, la bagasse est une ressource autant utilisée en combustion pour produire de l’énergie que pour fabriquer des matériaux isolants thermiques.

 

Les alcools issus de la betterave ou autres fruits prennent également le nom de bioéthanol, un carburant plus environnemental car fabriqué à partir de végétaux. La biomasse et l’utilisation des coproduits avec des traitements de type méthanisation sont perçus comme des alternatives à la fourniture d’électricité à l’échelle locale. En exploitant les déchets, les usines de méthanisation réussissent à produire à des rendements de plus en plus importants. Par exemple, les 2700 foyers alimentés en électricité par la SEDE Arthois méthanisation.

 

Vers une valorisation plus noble du coproduit en alimentation et cosmétique

 

Les compléments alimentaires à base de pectines de fruits par exemple et les fibres que l’on incorpore dans les produits diététiques (riche en fibres, ou à teneur en sucre réduite) sont des coproduits issus de la pulpe des betteraves sucrières, de l’industrie vinicole ou de fruits et légumes.

 

Dans la filière pêche également, les coproduits sont nombreux. Par exemple, la chondroïtine sulfate, coproduit issu de la transformation des cartilages de raies et requins, permet d'obtenir un complément alimentaire qui protège les articulations et aide à la solidité des os. Cosmétique et nutraceutique sont les secteurs les plus rentables de l’exploitation des coproduits. Dans la filière fruits et légumes, les coproduits issus de la tomate, de la pomme, de la banane ou encore de la vigne par exemple ont été intégrés et fortement valorisés au cœur de formules cosmétiques innovantes.

 

De nouveaux débouchés et de nouvelles voies de valorisation pour les coproduits


L’industrie des nouveaux matériaux en tire parti avec par exemple cette alternative non toxique aux résines époxy rigides fabriquée à partir de biomasse. Le projet Green Epoxy de Proteus utilise ainsi les résidus de bois non toxiques pour réaliser un substitut aux résines epoxy et aux dérivés du fameux bisphénol A interdit depuis 2015 dans les contenants alimentaires. Ces résines biosourcées doivent entrer dans la fabrication de peintures industrielles et de revêtement de sol.

 

Plus insolite, une PME hollandaise transforme les tiges et feuilles des tomates en carton, passant d’un résidu 100% inutile à un coproduit indispensable.

 

Enfin le coproduit entre dans des stratégies d’économie circulaire des entreprises agro alimentaires. Citons le groupe Agrial et ses développements sur la plasturgie afin de fabriquer des objets utilisés par le groupe lui-même. Désormais les déchets deviennent des matières premières nobles, valorisables et donc valorisées, capables d’aider à répondre aux enjeux de développement durable et aux nouvelles obligations en matière de transition énergétique et ce, tout secteur confondu.

 

« Acteur » de l’enjeu environnemental et sociétal mais aussi de la transition énergétique, le coproduit acquiert, grâce aux innovations menées, une valeur économique indéniable pour bien des secteurs.

 

*sources chiffrées : http://adebiotech.org/COPROinov/confs/01_Renaud.pdf

Voir quelques vidéos innovoriennes®

Redigé par La Horde L'INNOVORE

L'INNOVORE innove et vous fout la paix

Publié le 13 juillet 2017

L’INNOVORE innove dans la rupture et vous fout la paix. Pas notre genre ça, nous direz-vous, vous « foutre la paix »....

Lire la suite

Si Michelin avait ouvert la voie il y a bien longtemps, en devenant un expert des bonnes adresses pour mieux vendre ses...

Lire la suite

Les MOOCs, pour massive online open courses, ou Webinar, ou cours en ligne ouverts et massifs, participent à l’évolution...

Lire la suite