« Manger sans manger », comment se nourrir demain ?

Comment nourrir l’humanité qui grandit dans un monde de ressources naturelles limitées ? Question récurrente à laquelle, les start-up de la food tech tentent d’apporter des réponses en rivalisant d’innovation et de brevets. Trouver des alternatives non carnées aux protéines animales ; développer des techniques agricoles à plus forts rendements, imprimer 3D, le tout sans pour autant verser dans un futur à la Frankenstein font partie des pistes les plus explorées. 

  

Boire son repas, une solution pour manger sans manger

 

Encore plus fort, encore plus loin, les substituts alimentaires, jusqu’ici cantonnés aux régimes amaigrissants des années pré 2000, aux solutions miracles des bodybuilders ou aux astronautes semblent faire leur grand retour. Désormais, ils veulent entrer dans notre quotidien avec une ambition toute simple : remplacer notre repas en nous apportant tous les nutriments nécessaires. Gain de temps, garantie nutritionnelle, mais aussi démarche écologique font partie des promesses de ces substituts nouvelle génération.

 

Moins de matières premières, quasiment pas de transformation par l’utilisateur final et des ingrédients essentiellement végétaux ou chimiques font que les acteurs de ces néoaliments se revendiquent comme une solution aux enjeux nutritionnels actuels et futurs. Le plus connu, Soylent tire d’ailleurs son nom d’un film de sciences fiction des années 70, Soylent Green (Soleil Vert en français, avec Charlton Heston). L’opus dépeint une société qui court à sa perte du fait des problèmes écologiques qu’elle ne parvient à contrer.

 

Mais chose intéressante, Soylent s’adresse aussi et surtout à ceux qui n’ont pas le temps ou en ont assez de devoir se préoccuper de manger. Ce sont donc plutôt les cadres dynamiques de la Silicon Valley qui y seraient accros. Alors, Soylent la nouvelle drogue des acteurs de l’économie débridée ? Récemment accusé de causer des effets secondaires et surtout de ne pas totalement respecter sa promesse de ne faire entrer aucun ingrédient d’origine animale, Soylent n’est pas à l’abri d’un revers de médaille.

 

Se nourrir mieux sans manger

 

Pourtant, appliqués à certaines populations aux besoins nutritionnels bien spécifiques, il paraît assez évident que ces substituts ont de quoi séduire (les personnes âgées souvent en risque de sous-alimentation, les personnes malades ou carencées).

 

La praticité, l’alternative aux produits animaux et la qualité des matières premières engagées sont les arguments mis en avant par les acteurs français du marché : Feed ou Smeal.  « L’équipe innove au quotidien pour proposer des solutions saines, pratiques, respectant notre écosystème, et qui contribuent à l’un des défis majeurs des années à venir : Nourrir une population mondiale de bientôt 10 milliards d’habitants. » affirme Anthony Bourbon le fondateur de Feed.

 

Alors, finalement, plutôt que de ne pouvoir acheter qu’un triste sandwich dont on ne connaît pas les conditions de fabrication et qui ne nous rassasiera guère, pourquoi ne pas avoir toujours dans son sac ou son tiroir un sachet prêt en quelques minutes pour un cout de 2,4 à 3 euros… le prix d’un sandwich des plus basiques.

 

Manger sans manger c’est pourtant oublier ce que manger veut dire

 

Mais qui a envie de manger, ou plutôt avaler un substitut de repas ? Si l’on en croit toutes les études récentes en la matière, jamais le désir de reconnecter aux produits sains, aux produits locaux, aux produits vrais et qui ne mentent pas n’a été aussi forte (liens vers les tendances du SIAL).

 

Si l’on en croit aussi l’engouement pour le « faire » en cuisine, le rôle de celle-ci dans la convivialité et le plaisir, il est assez peu imaginable demain de se résoudre aux prévisions les plus farfelues que nous formulions déjà dans les années 70, à savoir se nourrir de pilules. Outre le fait que manger vient du latin manducare, qui signifie mâcher ; manger est un acte bien plus complexe que se nourrir, on ne va pas ici enfoncer des portes ouvertes.

 

Alors, choisir un repas liquide de substitution pour la praticité et en solution de remplacement ponctuelle, pourquoi pas. Mais manger reste un acte qui nous relie profondément à notre humanité. Or, c’est là toute la difficulté. Comment continuer à manger en s’assurant de pouvoir préserver cette humanité ?

 

 Crédit photo : Allodocteur.fr

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