Manger, une responsabilité à l’égard du vivant

@crédit photo : Mathilde de l'Écotais 

Face au défi de nourrir 9 milliards d’individus à horizon 2050, il y a ceux, on l’a vu (lien vers l’article 1), qui font le pari des substituts de repas. Mais cette alimentation désincarnée n’a pas l’air de convaincre la majorité.

Au contraire, les attentes des consommateurs sont bien davantage de revenir à une alimentation qui ait du sens, capable d’associer la responsabilité à l’égard du vivant sans pour autant renoncer au plaisir et encore moins aux liens sociaux qu’elle rend possibles. Les liens qui se tissent autour de la table et bien plus largement les liens qui nous relient à l’alimentation et ceux qui la font : produits et producteurs. L’importance de la traçabilité ou l’essor des circuits courts en attestent évidemment. C’est peut-être de ce côté-là qu’il faut regarder les initiatives innovantes pour répondre aux enjeux du manger demain.

 

Les défenseurs d'une agriculture alternative

Il y avait l’agriculture raisonnée, une manière de commencer à (re)prendre conscience de certaines pratiques dangereuses en agriculture intensive et conventionnelle. Il y a désormais la Nouvelle Agriculture, une marque déposée, apparue en 2013 essentiellement sous co-branding et qui fait à nouveau parler d’elle depuis le début de l’année 2017.

La Nouvelle Agriculture affiche l’ambition de produire la meilleure alimentation au quotidien pour le plus grand nombre de consommateurs. La démarche se déploie au sein de Terrena, 1ère coopérative agricole de France, soutenue par les « sentinelles de la terre », des agriculteurs testeurs de solutions innovantes au sein de la coop. Elle s’inspire des travaux de l’Association pour « une Agriculture Ecologiquement Intensive » et s’appuie sur un cahier des charges strict et contrôlé par un organisme indépendant.

 

Réduire le recours aux intrants et antibiotiques

Parmi les pratiques qu’elle met en avant il y a la réduction des intrants : engrais et pesticides. Pour cela, elle a recours à des techniques innovantes telle que l’imagerie satellite qui permet d’analyser les besoins réels des sols et d’adapter les traitements au strict nécessaire. 

Elle engage également ses adhérents à n’utiliser aucun antibiotique dans les élevages de lapin et de poulet pour l’instant. Ces engagements vont donc au-delà des incitations du plan Ecoantibio qui a déjà permis de réduire de 20% l’utilisation d’antibiotique dans les élevages français entre 2013 et 2016. Et bien sur l’alimentation est exempte d’OGM.

 

Favoriser le bien-être animal

Enfin le bien-être animal est affiché comme préoccupation majeure grâce à une collaboration avec le CIWF (Compassion in World Farming), organisation internationale dont la mission est de mettre fin à l’élevage industriel. Au-delà des conditions d’élevages et de transports qui visent à se distinguer de celles de l’élevage conventionnel, les animaux sont nourris selon les principes du label Bleu Blanc Cœur, avec une alimentation naturellement riche en oméga 3 pour des bénéfices nutritionnels direct pour le consommateur final

 

Regagner la confiance des consommateurs

Comme nombre d’entreprises tous secteurs d’activité confondus, le succès passe désormais par une stratégie qui place le client au centre de toutes les préoccupations. Pour Terrena et la Nouvelle Agriculture, même constat, même combat. Il faut tisser un lien fort et direct entre les producteurs et le consommateur final.

Si la NA n’est pas vraiment un label, cela y ressemble fort et certains ont tendance à y voir un élément de confusion pour le consommateur. Dans la profusion des labels, appellations et marques, il risque d’avoir un peu de mal à s’y retrouver. Alors pour tâcher de répondre avec exigence à la demande de transparence des consommateurs, Terrena a travaillé ces derniers mois sur une plateforme inédite dans l’agroalimentaire permettant de garantir et de consulter la traçabilité de tous les produits. Elle vise également à instaurer un lien entre le producteur et le consommateur final. L’éleveur et son lieu d’exploitation sont ainsi précisés sur chaque étiquette des produits et il sera bientôt possible pour le consommateur de retrouver toutes les informations en ligne. C’est finalement cette dernière innovation, digitale cette fois, qui a permis de refaire parler de la marque qui vise désormais à se déployer au travers de "partenariats avec de grandes marques de l'agroalimentaire et de grands acteurs de la restauration hors-domicile".

 

@crédit photo : Mathilde de l'Écotais (Oranges verticales de l'Agriculture Urbaine)

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