Le Big Data à la rescousse du défi alimentaire

De prime abord, associer une prouesse aussi high-tech que le Big Data à une activité aussi rudimentaire que le travail du sol semble curieux. En réalité, c’est à bien des égards le mariage le plus évident entre la tech et l’économie réelle depuis des siècles. Qui de mieux que l’agriculture, pilier de la vie et de la subsistance humaine dans un monde où l’enjeu démographique devient vital, pour capitaliser sur les avancées de la science ?

 

Séquence "Ageekculture", acte#1

 

Depuis les travaux pionniers d’Olivier de Serres (1539 – 1619) qui ont permis la naissance de la « culture attelée lourde » dans les contrées méditerranéennes, jamais une innovation n’avait promis de disrupter autant le secteur primaire. Il faut dire que le défi de la sécurité alimentaire s’inscrit à la jonction d’une batterie d’enjeux épineux, depuis la croissance démographique mondiale à l’incertitude climatique en passant par l’émergence d’une classe moyenne massive dans les pays en fort développement économique et la surexploitation des ressources marines. C’est dans ce contexte turbulent que la communauté tech met à profit ses compétences pour esquisser des solutions pratiques et pragmatiques, loin des prototypes sans lendemain et des micro-inventions grandiloquentes à l’intérêt, au mieux, limité. Outre-Atlantique, on commence même à parler d’ageekculture, en référence à l’appétence de l’agriculture pour les geekeries. Dans l’Hexagone, on préfère le mot valise AgTech, plus sobre.

  

Le triptyque gagnant de l'Agro-data

 

En fonction de son avantage concurrentiel, de ses « compétences distinctives » au sens de C.K Prahalad et de son analyse du marché, une jeune pousse s’intéressera à l’un ou l’autre des axes d’amélioration de l’agriculture data-driven, avec un grand dessein commun : rationaliser le travail de la terre qui reposait jusque-là sur une combinaison archaïque entre l’aléatoire météorologique, l’expérience de l’agriculteur et l’instinct :

 

  1. Créer de nouvelles espèces par la découverte puis l’accès au génome des plantes. Le Big Data intervient ici pour mesurer, cartographier et transformer les informations en « nouveaux produits », plus en phase avec les variables immuables de l’environnement ;

 

  1. Agréger les analyses, les insights et les décisions pour construire des scénarios simples et fiables à destination des agriculteurs. Sencrop, startup française créée en 2016, met par exemple à la disposition des agriculteurs une station agro-météo connectée (pluviométrie, hygrométrie, vitesse du vent, températures) pour leur permettre d’optimiser l’irrigation en temps réel. L’objectif ici est de démocratiser l’agriculture de précision en « sous-traitant » le travail statistique au big data via cloud. C’est d’ailleurs l’une des recommandations du rapport Agriculture-Innovation 2025 publié par le ministère de l’Agriculture ;

 

  1. Utiliser le food tracking ou le pistage alimentaire via des capteurs et des outils analytiques pour prévenir le gâchis et la contamination. Si cette technique est déjà éprouvée dans la mise en relation des distributeurs et des associations caritatives, elle pourrait également permettre à l’agriculteur de disposer, en amont, d’informations pertinentes sur les tendances de consommation alimentaire pour adapter ses cultures, le cas échéant.

 

Caleb Harper : l'homme qui murmurait à l'oreille de la terre

 

11 mars 2011. Côte Est de l’île de Honshü. Province nippone de Fukushima. Un tsunami fulgurant met hors service le système de refroidissement principal de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, provoquant la plus grave catastrophe nucléaire du XXIe siècle. Les répercussions sur l’environnement et la santé sont dramatiques : les cités périphériques deviennent des villes fantômes, les récoltes agricoles sont contaminées et les émissions radioactives font des ravages auprès de la population locale. C’est dans ce contexte explosif que Caleb Harper, patron de l’OpenAg Initiative, a débarqué avec son groupe de chercheurs. Sa mission ? Réhabiliter, par le food computing, une terre sur laquelle plus grand-chose ne pousse. Concrètement, Harper et ses équipes ont monté une chambre de pousse dotée de robots capables de réguler le climat, l’énergie et les nutriments du sol pour favoriser une culture saine dans un environnement sinistré. Aujourd’hui, l’OpenAg travaille sur un concept miniaturisé du food computer pour une utilisation domestique. Comme un air de déjà vu, n’est-ce pas ?

 

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