L’agriculture de demain : agroécologie et technologie

La France est une nation d’agriculture mais aujourd’hui, cette agriculture fait face à des enjeux considérables.

 

Des constats alarmants

 

La crise écologique, l’effondrement de la biodiversité et les changements climatiques sont un premier enjeu puisque l’agriculture est à la fois un secteur qui contribue fortement au réchauffement climatique et qui en est également la victime. L’agriculture est responsable d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre, que ce soit à l’échelle nationale ou mondiale (sources : FAO et CGDD), et est dans le même temps fortement impactée par des conditions climatiques extrêmes, qui menacent ses rendements.

 

Le deuxième enjeu concerne la souveraineté alimentaire et la résilience de toute la chaîne de valeur agricole : la France importe aujourd’hui plus de la moitié de ses fruits et légumes et la situation ne tend pas à s’améliorer puisque les importations alimentaires ont presque doublé depuis le début des années 2000 (source : rapport d’information du sénateur Laurent Duplomb). À l’échelle mondiale, ce sont près de dix milliards de bouches qu’il faudra nourrir à horizon 2050. 

 

Enfin, et c’est peut-être l’enjeu le plus important qui permettra de faire face aux deux premiers, la filière souffre d’une perte d’attractivité et peine à trouver les “entrepreneurs du vivant” pour produire notre nourriture. Les agriculteurs-exploitants ne représentent plus que 1.5% de l’emploi total du pays, soit quatre fois moins qu’il y a 40 ans, et la pyramide des âges dans le secteur est inquiétante puisque 55 % des agriculteurs français ont 50 ans ou plus (source : INSEE). Si nous n’inversons pas la tendance, la France doit s’attendre à perdre plus de la moitié de ses agriculteurs et agricultrices dans les cinq à dix prochaines années.

 

Un modèle d'agriculture pour l'avenir

 

Il est par conséquent urgent de mettre en place et de fortement développer un modèle d’agriculture régénérative permettant de lutter contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Ce modèle, qui doit devenir dominant, est celui de l’agroécologie. Il n’y a pas de définition officielle de l’agroécologie, encore moins de label ou de certification et, de fait, ce modèle rassemble des pratiques et des dimensions variées. On peut toutefois la définir comme un modèle agricole alternatif promouvant des systèmes alimentaires viables respectueux des hommes et de leur environnement (source : INRAE). Les pratiques associées permettent de concevoir des systèmes de production agricole qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes, de réduire les pressions sur l’environnement et de préserver les ressources naturelles.

 

Outre ces bénéfices environnementaux, l’agroécologie présente comme avantages d’être un modèle d’agriculture à la fois très résilient, car sa diversité lui permet de mieux résister aux chocs, et également très productif. En densifiant les surfaces cultivées, en associant les cultures, en multipliant les rotations et en diversifiant les productions, on augmente fortement la productivité, sur des surfaces cultivées qui sont de surcroît plus petites. Ce modèle respectueux de la biodiversité et des sols est par ailleurs très favorable au stockage du carbone et donc à la diminution du CO2 dans l’atmosphère. Nous pourrions ainsi compenser jusqu’à 12% des émissions annuelles nationales de gaz à effet de serre d’autres secteurs avec les bonnes pratiques agricoles (source : INRA). Enfin, ces pratiques agroécologiques sont généralement mises en œuvre sur de petites surfaces, au sein de micro-fermes, dont les productions sont distribuées dans des circuits de ventes directes ou de proximité.  

 

L’agroécologie a toutefois un inconvénient majeur : elle peut difficilement passer à l’échelle à l’heure actuelle, sauf à ce qu’une grande partie de la population française redevienne paysanne. Comme elle est peu mécanisée, peu motorisée et n’a pas recours aux intrants chimiques, l’agroécologie est un modèle manuel pénible, aux longues journées de travail, qui repose aujourd’hui sur des hommes et des femmes d’exception qui en font un parcours de vie, plus qu’un simple métier. Il faudrait des dizaines de milliers de micro-fermes agroécologiques pour nourrir le pays, or il n’y en a que quelques centaines à ce jour.

 

La technologie pour qu'une agriculture durable se développe

 

Malheureusement, les progrès techniques réalisés dans le secteur agricole jusqu’à aujourd’hui ne sont pas allés dans le sens de ces pratiques vertueuses. L’agriculture s’est fortement mécanisée et la chimie y a pris une place grandissante, encourageant des pratiques qui ne sont pas durables et qu’il faut à présent modifier : travail du sol en profondeur, destruction des écosystèmes naturels accueillant la biodiversité, spécialisation des cultures voire monoculture, concentration des terres… Ce modèle n’est souhaitable ni pour la planète, ni pour les humains qui cultivent notre nourriture, ni pour nous qui la consommons.  

 

La technologie de ce siècle doit être une technologie au service d’une agriculture durable. Cette technologie doit s’adapter aux contraintes techniques de l'agroécologie ; il ne s’agit pas d’une technologie “high tech” et ultra-spécifique qui reproduirait les travers de ces dernières décennies. Elle doit être légère et minimiser l’impact des outils sur le sol, elle doit pouvoir évoluer sur des planches de cultures où les légumes sont cultivés très densément, elle doit s’adapter à des systèmes très diversifiés dans lesquelles plusieurs dizaines d’espèces sont produites, elle doit être robuste pour résister aux contraintes physiques de l’agriculture et elle doit être abordable pour que ce modèle et ses productions agricoles soient accessibles au plus grand nombre. 

 

Cette technologie est collaborative et place l’humain au cœur du modèle, elle réduit fortement la pénibilité des tâches maraîchères et libère beaucoup de temps pour les actions qui ont une plus grande valeur ajoutée. Moins de temps passé à motoculter, à ratisser, à désherber, à planter… plus de temps pour récolter, pour surveiller les cultures et pour développer l’activité de l’exploitation. C’est cette technologie qui permettra de pallier le manque d’emplois dans le secteur agricole et de démultiplier le nombre de micro-fermes afin de présenter une alternative solide au modèle dominant d’agriculture. C’est cette technologie que nous nous employons à développer chez NeoFarm, adaptée à des pratiques durables au sein d’un modèle agricole complet. Installée dans des fermes agroécologiques dans lesquelles il est agréable de travailler, cette technologie attirera également les nouvelles générations d’agriculteurs et d’agricultrices. Ces femmes et ces hommes qui innovent aussi bien dans les pratiques que dans les outils.

 

Alexia-REY

Alexia Rey
Co-fondatrice et directrice générale NeoFarm

 


 

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