Pourquoi j’ai mangé Dolly

Les signes avant-coureurs. Dans un monde de traçabilité extrême nous les avons ignorés.

Des articles sont parus, des documentaires ont été plébiscités. Mais pourquoi s’alarmer ? Au début du XXIème siècle, on comptait 750 espèces disparues depuis les années 1500. Le phénomène n’était pas nouveau. Alors pourquoi aurions-nous dû nous inquiéter ? En 1996, le premier mammifère cloné voyait le jour. La brebis s’appelait Dolly, la technique, le transfert nucléaire. Pourquoi la naissance d’une brebis nommée Dolly aurait-elle du nous faire tirer la sonnette d’alarme ? C’est mignon Dolly, vous ne trouvez pas ? Mignon, mais cela allait aussi devenir bon. Entre extinction et clonage animal, les temps allaient changer - nous allions changer - et nos habitudes alimentaires également.

 

Un changement à petit feu

 

En 2000, le crapaud doré du Costa Rica s’éteint. En 2001, ce fut le bouquetin des Pyrénées. En 2011, le cougar des Etats-Unis et le rhinocéros noir d’Afrique disparurent à leur tour. Les années suivantes, la liste ne fit que s’allonger. La planète souffrait, les espèces disparaissaient, mais pas l’apathie. Nous ne changions rien ou si peu. Le cougar était bien trop éloigné de nos préoccupations.

En parallèle, le clonage animal se développa. Aux États-Unis, un vrai business s’organisa autour du clonage des animaux de compagnie. Une chanteuse célèbre fit même deux clones de sa chienne, par sécurité ? Ce n’est que lorsque la ponte des œufs de poule se raréfia, que les filets de pêche remontèrent vides et que le rendement des élevages de bovins ne fut plus suffisant, que tout s’emballa. Pour survivre, l’homme devait sauver l’animal. Mais la planète ne répondait plus, nous avions fermé les yeux trop longtemps. Le choix était simple : il nous faudrait cloner ou mourir de faim.

 

Menu sur-mesure et clonage on-line

 

Les débuts furent hésitants. Le lait avait-il le même goût ? La viande était-elle sans risque ? Puis les mois et les années passèrent. La population animale sauvage s’amenuisa aussi vite que la production d’animaux clonés augmenta. Une certaine euphorie gagna même la planète : nous pouvions remplacer chaque animal à l’identique, « l’insou-science » fit son grand retour. L’e-commerce s’empara du clonage. En quelques clics, le bœuf Angus servi au dîner de la reine, certifié 100% identique, vous était livré à domicile. Vous veniez de déguster un thon rouge exceptionnel ? Aucun problème, il était désormais possible de renouveler l’expérience à l’infini. Les wish list alimentaires les plus exotiques virent le jour. Déguster de l’éléphant d’Afrique ? Du tigre du Bengale ? Pourquoi pas, plus aucune espèce n’était réellement en danger après tout.

 

Seulement voilà. Le clonage et la sélection furent poussés à l’extrême et la diversité génétique chuta. L’humanité mangeait désormais littéralement la même chose. Puis le pire arriva. Avec la baisse de la diversité génétique, la résistance aux épidémies s’effondra à son tour. Les animaux furent de nouveau en voie d’extinction. Mais cette fois-ci, l’homme avait épuisé toutes ses ressources. Nous étions à notre tour sur la liste, affamés et en voie d’extinction.

 

Tout ceci sonne faux ?

 

Vous avez raison, du moins en partie. En 2018, 15 espèces communes sont en voie de disparition dont l’abeille domestique et le ver de terre. Le clonage d’élevage est interdit en Europe. En revanche, il est autorisé en Argentine, Australie, Canada et en Chine. Depuis 2008, la FDA (Food Drug Agency) a autorisé la commercialisation aux États-Unis de produits provenant d’animaux clonés et de leur progéniture. Ceci n’est pas de la fiction.

En mars dernier, la revue Future publiait une analyse prospective envisageant le clonage des animaux pour répondre aux attentes touristiques dans les années 2070. L'auteur y présente des utilisations potentielles du clonage animal en matière de tourisme : chasse d’animaux clonés en Afrique, dégustation d’espèces rares clonées au Japon (…).  

 

Est-ce à dire que le clonage d’élevage a de beaux jours devant lui ?

Si l’INRA a cessé ses recherches sur le clonage depuis 2016 et abandonné la technique initiale au profit notamment de la sélection génomique, de son côté la Chine, plus permissive que les pays occidentaux, prépare déjà la déferlante des clones.

Quand on sait qu’en 2050 la planète comptera 10 milliards d’habitants et autant de bouches à nourrir, on repose la question : osera t-on bientôt mangé des animaux clonés ?

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