Le bien-être animal redonne de la valeur à nos métiers

Directeur du Développement Agricole de la Coopérative Terrena, Christophe Couroussé évoque l'évolution du Bien-Être Animal au sein de la filière volaille du groupe.

 

Christophe-Couroussé

 

 

Notre morale est empreinte d'une nette séparation

 

Le bien-être animal est un sujet particulier, en cela qu’il interroge chacun sur ses convictions profondes.

 

Dans le cadre de nos métiers de l’agroalimentaire, et plus encore ici, dans l’ouest de la France, territoire historiquement marqué par la religion, notre morale est empreint d’une très nette séparation entre l’homme et l’animal. L’ensemble de nos métiers se sont construits au travers de ce prisme. 

 

La religion reculant, l’ensemble de la relation de l’homme avec l’animal est réinterrogée. À tel point que tout le monde a un avis sur le sujet. Que ce soit le consommateur, les associations militantes, les restaurateurs, les distributeurs,  et évidement  l’agriculteur qui se questionne sur le sens de son métier. C’est également le cas des salariés qui travaillent en usine de production, ou dans les abattoirs. Quels que soient les procédés, cette question du bien-être animal est une interrogation, la question du sens est présente partout. Après des siècles de séparation des tâches, pendant lesquels la matière travaillée a été minéralisé, la viande est devenu un minerai comme un autre, c’est un juste retour des choses.

 

Quelle contrepartie pour l'animal ?

 

Aujourd’hui, tout nous dit que la viande n’est pas un minerai, mais une matière organique issue du vivant. Et cette nouvelle façon de voir modifie notre schéma de pensée. Oui, nous continuerons à manger de la viande, mais quelle en est la contrepartie pour l’animal ? Il est de notre devoir de nous assurer que l’animal a été élevé dans les meilleures conditions.

 

Bien souvent, les conjoints d’agriculteurs ne travaillent plus sur l’exploitation , de même, les enfants sont insérés dans des réseaux de relation de plus en plus éloigné de l’agriculture. Ces femmes et ces jeunes générations interrogent l’agriculteur, le mari, le père sur le sens de son travail. Ils ont besoin d'être fier de lui, de son métier, ce qu’il produit, de ce qu’il élève. 

 

Le bien-être animal redonne de la valeurs à nos métiers agricoles

 

Le bien-être animal est un sujet qui n’existait pas dans nos entreprises, il y a 10 ans. Il est à ce jour au coeur de nos problématiques quotidiennes et des stratégies, interroge nos métiers sans cesse, mais surtout, il redonne de la valeurs à nos métiers agricoles. Lorsque le consommateur veut comprendre en quoi c’est bon pour lui, il interroge l’agriculteur, l’éleveur, lui redonne confiance, lui restitue sa confiance.

 

Chaque jour, nous travaillons en lien, parfois en confrontation avec les associations de défense du bien-être animal. Suite à ces échanges et aux attentes de nos clients, nous avons revu l’ensemble des cahiers des charges de notre filière volaille. Et même si certaines personnes étaient heurtées ou bloquées, nous avons accompagné cette bascule, et en l’espace d’un an, le sujet du bien être animale est abordés au quotidien. C’est une vraie (r)évolution de société.

 

Vers un équilibre naturel des coûts induits

 

La contrepartie à cela, la contrepartie à cette fierté, au sens, à donner à l’animal plus de confort, est que cette matière coûte plus cher. Les produits des agriculteurs doivent donc être payés à leur juste valeur.

 

Ce nouveau sens que nous nous engageons à donner à cette chaine du vivant, doit contribuer à un équilibre naturel. Les agriculteurs, les éleveurs, en donnant cette reconnaissance au vivant, doivent en vivre ! Cet engagement des éleveurs français pour le bien être animale ne doit pas favoriser l’importation de produits sans garantis

 

Bio et BEA

 

Il y a un lien naturel entre le bien-être animal et le bio, car le bio, dès l’origine, questionnait ce lien du monde agricole avec la nature, celui du respect du vivant. Mécaniquement, le bio a remis en cause la façon de nourrir les animaux et s’est inspiré du Label rouge pour la façon d’élever les animaux. En volaille, l’élevage le plus vertueux pour le bien-être animal est le bio. C’est un fait objectif.

 


 

Retrouvez l'ensemble des contributions dans

Bien et Mieux Être Animal

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