La Blockchain va-t-elle aussi disrupter le foodservice ?

La chose s’impose en vedette invétérée des plateaux télé. Nourrie par l’ingéniosité « diabolique » des hackers et la problématique de la cybercriminalité, sa médiatisation traduit la préoccupation transversale - partagée par tous les cœurs de métiers - envers la sécurisation des transactions financières, critère décisif de pérennité et de croissance. La chose est aussi clivante. Car là où certains voient « opportunité », d’autres arguent « fraude », « arnaque » ou « feu de paille ». Blockchain et Bitcoin, même combat ? Heureusement, les choses sont beaucoup plus simples dans le foodservice. Voici pourquoi…

 

La petite définition pour briller en société

 

La légende attribue la paternité de la Blockchain à un mystérieux inconnu répondant au pseudonyme de Satoshi Nakamoto, également instigateur de la première monnaie numérique, le Bitcoin (d’ailleurs, est-ce intéressant pour mon restaurant ?). Voyez la Blockchain comme un grand livre comptable en ligne qui trace des transactions. Les données deviennent alors accessibles (aux utilisateurs), mais aussi et surtout immuables, inviolables, virtuellement éternelles. En somme, la Blockchain est un historique géant des transactions qui fait fi des tiers bancaires et qui réduit les coûts administratifs. Ok. Mais c’est pas plutôt une actu financière, ça ? Si. Du moins au début. Aujourd’hui, l’impact de la Blockchain est horizontal, comme l’est d’ailleurs la finance, fonction support indispensable à tous les secteurs d’activité. La restauration hors-et-à domicile© fait donc logiquement partie des secteurs concernés.

 

La Blockchain: cette corde de plus à l'arc de la Foodtech

 

La preuve par le chiffre : Walmart, qui vend le cinquième de tout ce que mangent les Américains, a réalisé un test grandeur nature. Le géant a tenté de retracer toutes les mangues d’une de ses surfaces, depuis leur ferme d’origine. La tâche a pris 6 jours, 18 heures et 26 minutes, montre en main. En passant par la Blockchain, le responsable du rayon des fruits et légumes peut vous donner l’info en 2,2 secondes.

 

Mettons tout cela en perspective : dans le cas d’une épidémie par contamination, 6 jours, c’est une éternité. La Blockchain peut donc sauver des vies… et contribuer à la lutte contre le gaspillage car l’hyper-traçage fait en sorte de ne détruire que les lots incriminés. D’autres applications, moins vitales mais très pratiques, sont de mise : normalisation des données entre les nombreux acteurs de la chaîne de valeur alimentaire, concrétisation du droit à l’information et à la juste-rémunération (les agriculteurs pourront consulter librement les prix de vente au consommateur final), réduction des coûts de transaction… Des petits plus « en chaîne » qui pourraient bien améliorer le quotidien du foodservice.

 

Rappelons aussi que Carrefour s’est lancé dans l’aventure de la Blockchain déjà appliquée au poulet d’Auvergne.

 

La Blockchain à plus petite échelle

 

Pour la petite table, la Blockchain est étroitement liée à l’acceptation de la crypto-monnaie. On n’est pas dans la révolution, mais plutôt dans l’outil pratique qui facilite la vie du gestionnaire. On remplace le grand livre comptable par un registre immatériel de données. On « sort » du circuit bancaire, de ses intermédiaires et de ses coûts avec la garantie universelle de la Blockchain. A terme, je pourrais même scanner mes approvisionnements pour afficher, en 2,2 secondes, le background de chaque matière première et de chaque marchandise. Une transparence salvatrice qui renforcerait la confiance du consommateur dans un contexte où le circuit court, le locavorisme et le made in France font des émules auprès des mangeurs. Pour l’heure, on attend sagement le cadrage juridico-fiscal de la Blockchain. Un effort qui ne saurait tarder à en croire la tribune dithyrambique du ministre des Finances !

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