Ciel et terre, le robot livreur a la voie libre

Après avoir créé la zizanie dans le ciel de l’aéroport de Londres Gatwick dans l’un des faits divers les plus ubuesques de 2018, le drone revient ventre à terre, en vous livrant votre dîner tout chaud ! Sky is the limit (Le ciel est la limite)… une maxime qui ne s’applique visiblement pas à Alphabet. La firme de Mountain View a accueilli avec gourmandise le feu vert de l’US Federal Aviation Administration (FAA) pour livrer des biens « locaux » par drone chez les particuliers.

 

Le drone coursier : un pigeon voyageur new age

 

Le ciel de Blacksburg, dans l’Etat de Virginie, s’apprête à accueillir un défilé alimentaire haut en couleur. En effet, c’est dans cette petite bourgade paisible du comté de Montgomery que Google a décidé de tester cette nouvelle fulgurance qui promet de disrupter un marché de la livraison pourtant bouillonnant. Après la prouesse technique (les drones sont parfaitement fonctionnels) et la victoire « juridique » avec l’approbation de la rigoureuse FAA, place maintenant aux joutes marketing : Google, via sa filiale Wing Aviation, s’emploie à présent à sonder les besoins de ses clients pour façonner son offre commerciale. En coulisse, on perçoit un trio finalement assez logique : les habitants de Blacksburg souhaitent se faire livrer leurs repas, leurs médicaments et les petits biens de consommation… un triptyque que l’on retrouve également du côté des étudiants de l’Université George Mason, dans la banlieue de Washington, qui s’apprêtent eux aussi à recevoir des produits par drone après l’aval de leur Doyen, mais surtout après celui du gouverneur de la ville, Jay Inslee.

 

Ce membre influent du Parti Démocrate n’entend toutefois pas faire dans le laxisme… une prudence que l’on peut comprendre, lorsque l’on voit le joyeux barnum que provoque la trottinette électrique sur les trottoirs parisiens. En effet, un projet de loi, « 1325 », est venu encadrer les robots de livraison avec des mesures très strictes : vitesse limitée à 6 mph (environ 9,65 km/h), aucune circulation n’est permise sur la route, pas de robot pesant plus de 54,43 kg, normes d’éclairage, etc.

 

Derrière l’effet « Waouh » que peut susciter l’image d’un objet volant sans pilote livrant une pizza quatre fromages, se cachent en réalité des enjeux cruciaux. La banalisation attendue de la livraison par drone et par robot devrait désengorger la circulation, limiter la pollution sonore (voire la pollution tout court) et doper la qualité de vie des uns et des autres avec des livraisons plus rapides (notamment pour les médicaments). Enfin, une livraison par drone « comporte moins de risque pour les piétons que le même trajet en voiture », a conclu la FAA après avoir épluché quelque 70 000 vols d’essai et plus de 3 000 livraisons à domicile. Aucune étude sérieuse sur la livraison par robot sur roue n’a pas pour l’heure été réalisée.

 

 

La livraison de repas accapare désormais 4% des revenus de la restauration

 

« Le business fou de la livraison à domicile », titrait le magazine Capital.fr le 15 janvier 2019, après avoir passé en revue les chiffres stratosphériques de ce marché hyperconcurrentiel. Il faut dire que la livraison à domicile de repas accapare désormais 4% des revenus de la restauration, soit un peu plus de 2,4 milliards d’euros, selon L’Express. Et comme l’explique Stéphane Ficaja, DG d’UberEats, « Ce n’est que le début », car la France affiche un sérieux retard sur des pays comme l’Allemagne et le Royaume-Uni… un retard qu’elle rattrape à vitesse grand V car « le marché devrait doubler chaque année dans les trois ans », et avec l’introduction imminente des drones, la stagnation n’est pas à l’ordre du jour pour la Restauration hors-et-à-domicile®… La remise en question, si. Car si les volumes d’affaires sont vertigineux, la rentabilité, elle, se fait attendre. C’est d’ailleurs ce qui a poussé ds jeunes pousses prometteuses comme Foodora (septembre 2018), Take it Easy et Tok Tok Tok (2016) à jeter l’éponge.

 

Je souhaite créer un comité d'innovation pour mon entreprise

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