Manger le monde ou être mangé

Associée à la mondialisation de la consommation des matières premières, et l’interdépendance de plus en plus forte de tous les pays, la mondialisation me donne également accès, moi Mangeur, à des produits et des cultures éloignés des miens. Quelles en sont les conséquences ? Va-t-on vers une uniformisation de l’alimentation ou au contraire vers un mouvement de résistance ? Est-ce que le Mangeur, en tant qu’individu, a davantage à craindre ou à espérer de la Mondialisation ?

 

 

La mondialisation de l’alimentation : un progrès transformé en menace

 

Lorsque l’on pense mondialisation de l’alimentation, on pense évidemment à une uniformisation des pratiques autour d’un certain mode de vie à l’occidental. L’influence croissante d’habitudes alimentaires nouvelles poussées par les grands groupes industriels apparait aujourd’hui telle une menace réelle pour nos équilibres nutritionnels, économiques et écologiques. Coca Cola et Mc Donalds en sont les figures. Symboles d’une qualité de vie démocratique, d’une nourriture accessible et séduisante. Ils sont devenus les premiers au banc des accusés : accusés de diffuser une malbouffe responsable à la fois de nos carences nutritionnelles et des excès à l’origine de nos maladies contemporaines. Au-delà de notre assiette, la mondialisation de l’alimentation met aussi en péril certains modes de productions traditionnels tout autant que les grands équilibres écologiques.

 

Le mangeur face à la mondialisation a donc bien des raisons de craindre et se trouve confronté à des choix difficiles. Doit-il retourner à une consommation locale, se replier sur son environnement direct, fuir les grands systèmes industriels ? L’aspect culturel et local de l’alimentation est toujours particulièrement exacerbé dans nos sociétés. 

 

Le Mangeur mondialisé et la culture alimentaire locale

 

Pour revenir à nos grands représentants de la mondialisation diabolisée, si Coca Cola a fait reposer son succès sur une recette unique, Mc Donalds a vite compris que l’adaptation aux cultures et aux attentes locales étaient un prérequis pour s’implanter dans certains pays.

 

C’est un fait qu’établit l’étude MOND’Alim 2030, les produits globaux, les mets et plats mondialisés (pizza, hamburger, etc.), sont réinterprétés et réappropriés au niveau local (ingrédients, préparation, mode de consommation). Le burger au fromage français tout comme la pizza dans laquelle la tomme fraiche remplace la mozzarella et se sert à table, rencontrent un franc succès.  Et pourquoi ne pas imaginer qu’ils puissent aussi s’exporter en dehors de la France pour réinventer ces produits en les déstandardisant. 

 

Ainsi, nombre de cultures alimentaires non seulement résistent mais aussi tirent parti de la mondialisation pour rayonner plus largement. On pense au Liban dont l’identité culinaire reste forte et s’exporte dans le monde entier, à l’Italie, à la France dont la simple évocation devient un label du bien manger.

 

Mondial et local, le mangeur a le pouvoir de défendre la diversité culturelle

 

La Mondialisation a donc aussi permis au mangeur, non seulement d’adapter des recettes étrangères à sa propre culture, mais aussi de diffuser ses traditions plus largement et de mixer les inspirations, les produits et les cultures. Loin d’un appauvrissement des assiettes, on assiste à un phénomène totalement inverse. Moi individu dans un monde mondialisé, je suis libre de manger comme je l’entends et de changer de cultures au grès de mes envies. Je peux également croiser l'ensemble de ces cultures dans un seul et même repas (sushi kasher, sushi halal par exemple).

La mondialisation de l’alimentation est une chance en ce qu’elle permet la progression de la diversité, diversité alimentaire et par là même, diversité culturelle. Je ne suis peut-être jamais allé au Japon et pourtant je peux avoir la chance de découvrir dans nombre de grandes villes du monde, une cuisine japonaise traditionnelle. A l’extrême, des phénomènes d’hyperculturation émergent, on survalorise sa culture, on la revendique et on en revendique le respect (la généralisation des produits halal ou kasher pour exemple).

 

Une fois cela établi, la mondialisation pose en revanche d’autres questions au mangeur, celles liées à l’organisation à mettre en place pour répondre à ses besoins et ses envies. Elle vient donc rapidement interroger sa responsabilité en matière de nutrition, d’écologie et d’économie mais aussi d’urbanisme.

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