Déguster l'augmenté... c'est pour bientôt !

Qui a dit que les fulgurances de la 5D étaient l’apanage du seul 7e Art ? La cuisine bien sage semble de moins en moins hermétique à l’ingéniosité d’une poignée d’entrepreneurs qui y ajoutent une pincée de high tech pour l’ « augmenter ».

  

L'aliment algorithmé ou la nourriture augmentée

 

Casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, vous pérégrinez dans un environnement désertique façon jeu vidéo. A quelques mètres se dresse un fabuleux banquet… est-ce un mirage ? Les mets sont en tout cas si appétissants que vous en salivez. Vous avancez, le festin est toujours là. Vous saisissez un bout de viande à la peau luisante. C’est drôlement bien fait la VR aujourd’hui, ils ont même intégré le toucher ! Et là, l’illumination : vous tentez un croc et… ça marche ! Vous mâchez, c’est bon, c’est… réel ? C’est le pitch de l’équipe de chercheurs japonais qui a présenté une technologie permettant de simuler la sensation de goût à l’occasion de l’ACM User Interface Software and Technology Symposium de Tokyo (2016). Les retours ont été dithyrambiques, on l’imagine. Cette scène, onirique s’il en est, sera « bientôt » réalité car derrière les rideaux, il y a une technologie bien huilée, plus ou moins maîtrisée par quelques firmes et entrepreneurs qui ont relevé le défi du goût et de la texture suggérés.

 

Mais avant de tout simuler, la R&D veut déjà « augmenter la nourriture »… et elle y arrive. Nimesha Ranasinghe de la National University de Singapour a par exemple conçu une sucette numérique capable d’émuler plusieurs goûts et une cuillère qui amplifie le goût salé ou amer de l’aliment qu’elle porte. La simulation pour le sucré n’est pas encore maîtrisée. Pourtant, l’enjeu est énorme : aider certaines personnes à diminuer leur consommation d’aliments sucrés en « satisfaisant » leur appétit. Le système Electronic Food Texture réalisé par Arinobu Niijima et Takefumi Ogawa pousse le bouchon un peu plus loin : grâce à des électrodes posées sur la mâchoire au niveau du muscle masséter, le mangeur peut ressentir la sensation de la texture sans rien dans la bouche ! Ces projets, loufoques au premier abord, sont en réalité une bonne nouvelle pour les personnes souffrant d’allergies alimentaires ou de problèmes de mastication.

 

Erika Marthins nous veut du bien

 

Cette étudiante suédoise de l’ECAL (Lausanne) a mobilisé son savoir en design interactif pour créer une petite merveille, alliant poétiquement envolée lyrique et mélopée gustative, pour une parenthèse enchantée ! Le projet « Déguster l’augmenté » compte pour l’heure trois desserts qui challengent nos sens. Si on vous dit que vous allez pouvoir écouter un vinyle chocolaté avant de le croquer, savourer une sucette qui vous révèlera un message secret grâce à la lumière réfractée ou encore manger un dessert … capable de se mouvoir tout seul ? Oui… on a eu la même réaction ! Grâce à sa collaboration avec Fabien Pairon (chef à l’école hôtelière de Lausanne), RayForm (entreprise dans l’intégration de technologies de redirection de la lumière) et le Laboratoire de Systèmes Intelligents de Jun Shintake (EPFL), Erika est partie « explorer les dernières innovations technologiques et tout ce qu’il y a de plus banal : la nourriture ». Elle souhaite apporter de nouvelles dimensions à l’assiette, dans tous les sens du terme. Pour les curieux qui se demandent s’ils ont bien lu, ces desserts sont bien réels ! La designer a réussi ce tour de passe-passe en intégrant des algorithmes dans des matériaux comestibles. CQFD.

 

 

L’évolution technologique surprend, fait sourire, fait râler, attire, effraie… Que doit-on finalement en penser, dans un contexte marqué par une véritable perte des sens ?

Une bouchée sommaire qui aurait la saveur de votre musique favorite… ça ne s’invente pas.

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Redigé par La Horde L'INNOVORE

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