53% des dépenses alimentaires sont le fait du Surfer Silver

On pense Instagram pour la recette, on cherche le « wow » par le divertissement à table, on occupe le terrain sur les réseaux sociaux, on saupoudre les smoothies d’Açai pour s’aligner sur la tendance du superaliment, on règle l’éclairage pour les appareils photos, on multiplie les prises pour recharger les smartphones… les pros de la restauration hors-et-à domicile © mettent les petits plats dans les grands pour recueillir les faveurs des milléniaux. Mais en passant en revue les indicateurs du macroenvironnement français, on peut s’interroger sur la nécessité de leur dérouler le tapis rouge : en réalité 53% des dépenses dans l’alimentation sont le fait des séniors !

 

 

Le « sénior » a-t-il du sens pour le restaurateur ? 

 

Arnaud Montebourg, candidat malheureux de la primaire socialiste en 2017, avait attiré l’attention des chefs d’entreprise sur la « Silver Economy » lorsqu’il dirigeait le ministère du Redressement productif en 2013. Il faut dire que le marché des séniors pèse plus de 90 milliards d’euros. Une sacrée performance quand on sait les clichés qui collent à la peau de cette génération trop souvent stéréotypée.

 

La notion de « sénior » est mouvante et volatile, elle dépend du cœur de métier. Pour les professionnels des RH, on devient sénior à 45 ans. Pour les marketers et les commerçants, on pousse à 50 ans, âge qui annonce des changements dans les habitudes de consommation (plus de voyages, quelques investissements et de la prévoyance). Pour l’Etat, on passe à la fourchette 60-65 ans et au départ à la retraite. Pour les médecins, est sénior celui qui approche des 75 ans, âge auquel surviennent les premiers accidents de santé. On est tous le sénior de quelqu’un. Mais au-delà de la démographie, le client « sénior » (ou Surfer Silver) a-t-il du sens pour le restaurateur ? Aucune étude sérieuse ne s’est penchée sur le sujet, mais le contact client permet, au quotidien, d’identifier quelques caractéristiques propres à cette frange des mangeurs :

 

  • Un niveau de vie généralement plus élevé que la moyenne de la population. Ce ressenti est appuyé par les chiffres : 75% des séniors sont propriétaires (la moyenne nationale est à 57%), le taux de pauvreté est de 9% (moyenne nationale à 14%), les séniors, qui représentent seulement 20% de la population, détiennent 45% du patrimoine financier français (plus d’infos ici) ;

 

  • Les séniors sont des consommateurs exigeants et avertis, mais que l’on fidélise plus aisément ;

 

  • Inutile de surcharger leur assiette. Ils plébiscitent une cuisine légère, à base de produits frais, et sont plus réceptifs aux arguments sur la provenance des ingrédients, les modalités de l’approvisionnement et les coulisses de la cuisine ;

 

  • Aucun compromis sur le mobilier : le fonctionnel et le healthy passent avant l’esthétique. La salle à manger est phonétiquement agréable, éclairée d’une lumière feutrée et équipée de sièges confortables ;

 

  • Le service est respectueux, l’addition raisonnable.

 

La dichotomie milléniaux/séniors est-elle vraiment si marquée ?

 

Il suffit d’écumer TripAdvisor, LaFourchette et autres plateformes d’avis pour s’en convaincre : les séniors sont de véritables faiseurs (et défaiseurs) de réputation. Une enquête publiée par Adjuvance en 2017 en finit avec la légende urbaine du sénior déconnecté. 43% des plus de 65 ans possèdent un compte sur les réseaux sociaux, certains se sont même lancés dans le blogging et le vlogging avec un beau succès (Nanas Seniors, Studio Danielle, Framboise Connectée…).

 

82% des 50-64 ans possèdent un ordinateur, 70% ont un smartphone et 25% achètent en ligne. Deux séniors sur trois utilisent internet. Plus surprenant : ils passent en moyenne 25 heures par semaine devant leur écran… soit 7 heures de plus que les plus de 35 ans ! Un sénior sur deux va sur des sites de comparateurs de prix et consulte les avis des consommateurs.

 

Bonne nouvelle pour les restaurateurs : la dichotomie entre les milléniaux et les séniors n’est finalement pas aussi marquée… les efforts à déployer pour les séduire s’en voient donc tempérés !

Les modèles émergeants de la restauration

Redigé par La Horde L'INNOVORE

La horde et le RGPD

Publié le 10 juillet 2018

L’INNOVORE innove et vous fout la paix. C’était vrai il y a un an, ça l’est encore plus aujourd’hui. Sauf qu’entre-temps,

Lire la suite

Pourquoi j’ai mangé Dolly

Publié le 5 juillet 2018

Les signes avant-coureurs. Dans un monde de traçabilité extrême nous les avons ignorés.

Des articles sont parus, des...

Lire la suite

Nous avons vu la cuisine du futur. Elle était installée juste-là, sur la mezzanine centrale, au milieu des spotlights,...

Lire la suite

D’un breuvage amer de fortune réservé aux footeux dans les soirées (sur)chargées en testostérone, la bonne veille bière...

Lire la suite