Super Monster Wolf à la rescousse des fermiers japonais

Qu’est-ce qui a une épaisse fourrure, fonctionne à l’énergie solaire et hurle aux sangliers dans 48 tons différents ? Ils l’ont appelé « Super Monster Wolf » et croyez-nous, il n’y a là aucune once d’exagération. Ce robot-loup qui vagabonde autour des fermes nippones de Kisazaru sert d’arme de dissuasion massive à l’encontre des sangliers qui menacent les récoltes des fermiers. Toute bienveillante qu’elle est, cette « chose » a probablement (aussi) terrorisé les agriculteurs qui ont croisé son chemin. Derrière la prouesse technologique, il y a un constat terriblement triste. Décryptage !

 

De dieu vivant à pestiféré notoire

 

C’est là que l’on voit que le pays du Soleil-Levant est vraiment un monde à part. Flashback : au milieu du 19e, les idées occidentales sur l’agriculture ont commencé à imprégner le Japon, et la relation entre l’Homme et le loup passe de la vénération pour Ôkami, le loup-dieu, à la traque exterminatoire au nom de la protection des cultures. On lui coupa les oreilles et les pattes pour obtenir une prime de la municipalité. A l’aube du 20e siècle, il n’y avait déjà plus de loups sur les portions les plus septentrionales de l’archipel, « grâce aux » appâts empoisonnés à la strychnine. La chaîne alimentaire, dont un maillon sensible venait d’être brisé, enfanta des effectifs anormalement élevés de sangliers et de cerfs, nuisant ainsi aux activités agricoles dans un pays qui voyait sa démographie exploser. Biodiversité entamée, réintroduction du loup envisagé ! En attendant, c’est la science qui est venue à la rescousse des fermiers de Kisazaru, bourgade particulièrement touchée par les incursions sanglières.

 

Brasier infernal, grognements et coups de feu

 

L’abomination robotisée a d’abord reçu le nom bureaucratique de « robot d’assistance agricole » par la coopérative JA Kisarazu-shi, sans doute pour ne pas effrayer outre-mesure. Après avoir vu la tête de cette créature bien décidée à vous arracher la vôtre, « Super Monster Wolf » s’est alors imposé et très honnêtement, c’était le seul nom de baptême valable. Les vrais loups ne possèdent pas de brasier infernal au fond des yeux. Ils n’ouvrent pas la gueule comme s’ils étaient investis de la mission d’annihiler toute vie animale et végétale dans les prochaines minutes. Mais derrière ses airs terrifiants, Wolfy est d’une efficacité redoutable. Il est capable de détecter des intrus sur une parcelle grâce à des capteurs infrarouges. S’allument ensuite les LED rouges qui lui servent d’yeux pour intimider les intrus, puis se déclenche un cycle de 48 sons allant du grognement au coup de feu en passant par des voix humaines. Sauve qui peut ! Les représentants de la municipalité de Kisarazy n’ont pas caché leur joie devant les journalistes de The Japan News, à qui ils ont fait part de leur satisfaction quant aux performances du robot. Depuis le 11 juillet 2018, date de sa « prise de fonction », nulle trace d’animal sauvage nuisible… ni même d’animal sauvage, tout court.

 

Super Wolf à la rescousse des fermiers japonais

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