Healthy : The new Hipster ?

Le taux de pénétration d’Internet en France (88,5% en 2017 selon Médiamétrie) et l’hégémonie incontestée du moteur de recherche de Google (90,7%, loin derrière les Bing, Yahoo!, MSN, DuckDuckGo et Yandex) autorisent des généralisations statistiques intéressantes ! C’est ainsi que Bénédicte Ibert, planneur stratégique chez Google France, s’est laissée aller à une petite analyse comparative sur Google Trends en mettant en concurrence les termes « Hipster » et « Healthy ». Le mouvement des courbes est éloquent !

 

Google Trends Hipster vs Healthy.png

Source : trends.google.fr 

 

« Hipster », en bleu, chute depuis 2016 quand la requête « Healthy » gagne du terrain à la même période. Dans le détail, on a cherché au S3 de l’année dernière : 2,6 fois plus « quinoa » que « barbe », deux termes érigés par l’auteure au rôle de porte-étendard de ces deux… sous-cultures ? On peut oser le terme car au-delà de l’alimentaire (« recette healthy » reste le terme le plus recherché dans la thématique), la tendance healthy devient tentaculaire : on cherche aussi la beauté santé-friendly (« Bourjois healthy mix » arrive en 11e position des requêtes sur la thématique) et… la maison qui nous veut du bien (« maison healthy » en #21). Autre indicateur intéressant : le volume des vues sur la thématique fitness sur YouTube a été multiplié par 3 entre 2015 et 2017.

 

 

Mi-nourriture, mi-complément : le super-aliment !

 

Rapporté à ce que je mange, le healthy fait référence à l’aliment qui entretient ma ligne, qui m’aide à prévenir les carences et qui m’apporte les nutriments dont j’ai besoin au quotidien. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, je suis plus exigeant. Je veux le super-food. C’est en tout cas ce qui ressort des insights de Google Trends. Les requêtes « food for the brain » et « super food » renvoient respectivement à 9,5 et 44 millions de résultats vidéo sur YouTube. Le rôle de l’aliment se télescope avec celui du complément alimentaire. J’attends de mon jus de pomme qu’il me détox, de mon eau alcaline qu’elle rétablisse mon équilibre acido-basique, de ma barre chocolatée qu’elle améliore ma concentration. Alors, sous-culture ou pas sous-culture ? En sociologie contemporaine, on préfère l’appellation subculture, plus positive. Elle fait référence à une culture revendiquée, cachée, souterraine, partagée par un groupe d’individus se différenciant des cultures dites mainstream. Ken Gelder, auteur de référence en la matière (avec les 4 tomes « Subcultures ») donne quelques clés de reconnaissance de la sous-culture :

 

  • Une appartenance à des individus en dehors du foyer domestique ;
  • Une démarcation par des styles excentriques ou exagérés ;
  • Un refus de la banalité de la vie ordinaire et de la massification.

 

A ce stade, nous ne pouvons qu’émettre le pronostic suivant : le healthy est bien parti pour revendiquer le statut de subculture !

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