Un mangeur social

L’acte de manger est un comportement social. Le repas reste un moment de partage. Dîners en famille ou entre amis, invitations au restaurant sont avant tout des moments de sociabilisation, et ce, même en restauration collective. C’est aussi là que nous formons nos goûts et dégoûts, notre culture, notre identité. L’alimentation demeure également un fort marqueur social malgré tous les progrès que nous avons pu faire en matière de sanitaire, d’éducation ou de prix.

 

Notre système alimentaire se lit donc comme le reflet de notre société et de ses évolutions. Il agit aussi directement et contribue à cette évolution, ce qui le rend d’autant plus passionnant à observer.

 

L’alimentation, pratique sociale, s’adapte à une société en mutation

 

Nous assistons à toujours plus d’individualisation et à une érosion du collectif. À son niveau, le système alimentaire social se réduit au quotidien pour se focaliser sur la famille et, plus précisément, sur le ménage, lui-même de plus en plus petit. La gestion centralisée du frigo disparaît pour laisser place à des achats séparés et personnalisés à chaque membre selon son âge. La table et son art dédié s’effritent

 

Chacun choisit ce qu’il souhaite manger, et les effets de génération transportent les usages alimentaires. Par exemple, si la grille quotidienne des repas se maintient, on observe une diminution de la prise du petit déjeuner chez les jeunes.

 

Le vieillissement de la population, terrain d’innovation très prometteur, entraîne une baisse de la consommation de viande, pour des raisons mécaniques, et une progression des achats d’aliments enrichis, aux bénéfices santé.

 

La mobilité et la course contre le temps tendent à faire apparaitre des solutions de snacking – produits ou services – de plus en plus élaborées

 

Entre marqueur des inégalités sociales et projet pour une vie meilleure

 

Aujourd’hui, les comportements alimentaires traduisent massivement les inégalités de revenus et d’éducation, qualitatives et quantitatives, dans nos sociétés. Alors que les inégalités entre pays semblent se réduire, à l’intérieur d’un même pays, et notamment en France, nos manières de manger en disent long sur nos niveaux de vie et d’éducation, mais ont aussi un impact sur notre santé.

 

La prise de conscience de ces inégalités, et, plus généralement, de l’impact social et environnemental de notre système alimentaire, pousse les pouvoirs publics, mais aussi les individus, à rechercher des solutions alternatives pour une alimentation meilleure. Santé, insertion économique et sociale et environnement sont ainsi au centre des réflexions.  

 

On peut y lire pour certains l’influence d’une féminisation de la société, qui favoriserait des habitudes alimentaires plus vertueuses (même si pratique et théorie s’opposent), et une remise en question de plus en plus grande de notre rapport au monde animal. Un sujet largement développé dans divers ouvrages, dont celui de la philosophe Florence Burgat. Ces changements de perception modifient les comportements alimentaires en raison de sensibilités différentes : moins de produits animaux, soucis du développement durable… Toutes ces évolutions ne gomment pas pour autant le besoin de sociabilisation derrière nos pratiques.

 

Un mangeur social et connecté

 

Avec le web, les comportements sociaux se déplacent du réel au virtuel et rebattent les cartes des modes de sociabilisation. Il en est de même pour nos pratiques alimentaires.

 

Ainsi, de nouveaux acteurs sociaux voient le jour sur Internet. Ils ont choisi la cuisine et la gastronomie pour recréer du lien, proposer de nouvelles expériences, rencontrer de nouvelles personnes. C’est le cas de Vizeat, la start-up française, qui compte déjà 25 000 hôtes dans 130 pays et vient de racheter son concurrent américain Eatwith. Manger chez l’habitant pour découvrir une ville, un pays ou simplement se faire de nouveaux amis, c’est une façon de remettre la cuisine dans son rôle de sociabilisation en ouvrant les frontières, en créant de nouveaux cercles et en s’ouvrant vers d’autres modèles.

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