Une alimentation superflue et angoissante

L’alimentation serait-elle devenue subordonnée alors qu’elle a longtemps été le tout de l'existence d'une société ? Accessible, partout, tout le temps, elle pourrait même apparaître comme superflue. En réalité elle est toujours au cœur de nos préoccupations qui se sont déplacées d’une peur du manque à la difficulté de faire les bons choix.

 

L’époque de l’hyperchoix alimentaire

 

Moins de temps, moins d’argent nécessaire à y consacrer et toujours plus de choix pour manger, voilà, en résumé, le portrait du mangeur socialement intégré.

 

Ce mangeur qui n’a plus vraiment faim jouit pourtant d’une offre colossale à tout type de produits alimentaires. Les moyens d’accéder à la nourriture évoluent avec les usages, sont plus faciles, accessibles partout à tout moment et en toute circonstance.

 

L’offre de services liés à l’alimentation explose également expliquant une montée de la part des dépenses liées aux repas dans le budget alimentaire. Plats préparés, livraison de repas à domicile ou sur le lieu de travail, commandes à emporter, etc.

 

Conséquences de ces nouveaux modes de vie, l’augmentation des prises alimentaires tout au long de la journée et la déstructuration des repas qui, hier, rythmaient pourtant nos rapports au monde, à la société.

 

Dans ce contexte d’hyperchoix, le mangeur doit essentiellement se poser la question de quels choix faire parce que manger peut aussi être un facteur de risque, et de choix angoissants.

 

Mon assiette, cette séduisante inconnue m’inquiète

 

Urbanisation et mutations de la société ont progressivement éloigné le mangeur de la source de production de ses aliments. La part des produits tout prêts dans son alimentation ne cesse de progresser tant ils correspondent à son mode de vie. En conséquence, il mange mais ne sait plus vraiment ce qu’il mange. Il ne voit plus ce qu’il y a dans son assiette, et souvent ne sait pas comment est transformé ce qu'il ingurgite. 

 

Les crises alimentaires ont fait naitre un fort besoin de réassurance, une attente de transparence. Les réponses mises en place par les gouvernements et les industriels semblent encore insuffisantes et le mangeur qui se méfie (30% des français n’ont pas confiance) et cherche désormais d’autres solutions pour reprendre le contrôle de son assiette.

 

Changer ses habitudes alimentaires pour reprendre confiance

 

La nourriture est là, partout, tout le temps, je ne la maitrise plus, je n’en ai pas le temps ni vraiment l’envie, et pourtant je sais que ma vie en dépend. Les risques sont ailleurs, carences nutritionnelles, obésité, diabolisation de certains aliments sucre, lactose, gluten, présents partout, intolérances, maladies dégénératives. Et rajoutons à cela la pression sociale liée à l’image de soi, la dictature du corps parfait qui me pousse à contrôler, maitriser ce que je mange. Alors que faire ?

 

Arrêter de manger ou plutôt changer ses habitudes ? Si certains, tiraillés par cet hyperchoix développent des névroses liées à l’alimentation (l'orthorexie toucherait 2 à 3 % de la population en France) une autre partie importante des Français a décidé de modifier petit à petit ses habitudes alimentaires. 

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