Whooper veggie vs French meat lovers

Pour pérenniser, le virage végano-végétarien ne pouvait plus se permettre de tergiverser. Il fallait trancher, se mouiller, prendre le risque de se prendre un four. Fallait-il repartir de zéro et inventer de nouvelles têtes d’affiche comme l’a fait le carnivorisme avec le burger, la pizza, le kebab et le tacos ? Ou fallait-il capitaliser sur l’ancrage pluri-centenaire de ces mets dans la culture populaire et se débrouiller pour bricoler leurs alter-égos non carnés ? Manifestement, c’est l’hypothèse du mimétisme qui a été retenue… et ce n’est pas le Whooper vegan de chez Burger King qui contredira cette assertion !

 

Le Whooper passe au vert

 

Visiblement, les  aficionados des régimes alimentaires « alternatifs » ont la nostalgie du carné… mais ne sont évidemment pas près à troquer leurs convictions éthiques contre un bon goût « barbeuc ». C’est en tout cas l’analyse dont semble se prévaloir les grands acteurs de la Restauration hors-et-à domicile® pour revisiter les classiques de la culture alimentaire sans élément carné. La viande sans viande, c’est un peu le steak qui se réincarne, en moins carné. Nestlé, qui entend renouer avec le vert après le fiasco de 2017 et la reprise hésitante de 2018, mise sur un burger vegan à base de protéines de soja, de blé, d’extraits de betteraves, de carottes et de poivron pour retrouver des couleurs. Mais pour Burger King, pas question de laisser un concurrent généraliste dominer le marché.

 

Le géant américain, qui a la frite en France grâce à de nouvelles recettes bien senties, mobilise le Whooper, son meilleur élément, pour appuyer une offre végétarienne jusque-là représentée par un triste burger qui ne prétend pas « simuler » la viande tendre et juteuse, qui est au burger ce que la pétillance  est à la boisson gazeuse. BK s’est cette fois-ci donné les moyens de ses ambitions, en faisant équipe avec Impossible Foods, chantre de la viande artificielle. Au menu : une petite merveille succulente concoctée à base de protéines de soja, de pomme de terre, d’huiles de coco et de tournesol. La molécule de hème se charge de la couleur rouge de la viande. Pour goûter cette nouvelle émanation du Whooper, il faut pour l’heure se rendre au Missouri.

 

 

L’étonnante volatilité des comportements alimentaires des Français

 

Les dépenses R&D orientées vers le végano-végétarien dans la RHAD® n’ont jamais été aussi élevées. La question du bien-être animal n’a jamais été aussi omniprésente dans les débats politiques, à l’aube des Européennes. La « tension » n’a jamais été aussi palpable entre les militants antispécistes et les autres. Les alternatives non carnées n’ont jamais été aussi nombreuses, aussi succulentes et aussi bon marché. Les mises en garde des scientifiques contre la surconsommation des produits carnés n’ont jamais été aussi médiatisées.

En somme, tous les signaux du macroenvironnement étaient au vert : la consommation de viande ne pouvait que baisser. Mais c’était sans compter sur l’étonnante volatilité des comportements alimentaires des Français. Selon les derniers chiffres publiés par France Agrimer, établissement affilié au ministère de l’Agriculture (février 2019), l’appétit pour la viande a gagné 1,3% pour les bovins, 1,1% pour le porc et même 6,7% pour la volaille. En dézoomant, on se rend compte qu’en moyenne, le Français a consommé plus de viande en 2018 (87,5 kg) qu’en 1970 (75,5 kg)… mais moins qu’en 1998 (93,6 kg). Une autre étude qualitative du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie va dans le sens de la (légère) recrudescence de la consommation carnée et explique que « l’image de la viande bovine demeure très positive ». L’appétit a ses raisons que la raison ne connaît point…

 

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